Auteur: Stéphanie Braquehais
Editeur : Iconoclaste
Quatrième de couverture :
Assez des réveils poisseux. Des trous noirs. Un matin, elle décide d’arrêter l’alcool. C’est le jour zéro. Le début d’une vie nouvelle qu’elle retrace dans un journal. L’alcool désinhibe, rend tout-puissant, décuple les sensations. Un petit verre pour oublier ses soucis, un apéro qui l’air de rien se prolonge… Où se situe la frontière entre bien boire et trop boire ? À quel moment l’alcool prend-il trop de place dans notre vie ? Stéphanie Braquehais aborde ces questions de manière intime. En s’appuyant sur les neurosciences, elle cherche à comprendre les ressorts de l’addiction au féminin et les moyens d’y échapper. Un récit sans concession et plein d’humour pour reconquérir sa liberté.
L’auteur:
Stéphanie Braquehais vit à Nairobi au Kenya. Elle a été journaliste en Afrique centrale et de l’Est pendant quinze ans. Elle est aujourd’hui traductrice et anime des ateliers d’écriture. Son premier roman, Lignes de fuite, a été publié aux éditions JC Lattès en mars 201
Résumé:
Jour Zéro de Stéphanie Braquehais : un éclairage intéressant pour la prévention
Introduction : des addictions qui évoluent, une prévention qui se réinvente
Les conduites addictives occupent aujourd’hui une place grandissante dans nos sociétés : usage de cannabis, alcoolisation ponctuelle importante, dépendance aux écrans, jeux vidéo, paris sportifs, achats compulsifs… Ces comportements ne touchent plus seulement un public spécifique ; ils s’observent dans les milieux scolaires, familiaux, professionnels, et dans toutes les tranches d’âge.
Pour mieux prévenir, il est indispensable de comprendre ce qui se joue derrière l’addiction. C’est ce que permet Jour Zéro, le livre de Stéphanie Braquehais, qui offre un regard sensible, humain et nuancé sur la manière dont une dépendance s’installe, se vit et se dépasse. À travers son récit, l’autrice donne des clés précieuses pour appréhender les risques, l’accompagnement et la sensibilisation.
Jour Zéro : un récit au cœur de la dépendance
Une histoire humaine qui dévoile les ressorts de l’addiction
Jour Zéro plonge les lecteurs dans l’expérience personnelle d’un personnage aux prises avec une dépendance. Au fil des pages, l’autrice met en lumière la complexité du phénomène addictif : ses racines émotionnelles, ses contradictions, ses moments de lucidité et de chute.
Le livre n’explique pas l’addiction ; il la donne à ressentir. Cette approche narrative permet d’en saisir les nuances et l’impact sur le quotidien.
L’installation progressive d’une conduite addictive
Le récit décrit avec finesse :
- la montée de la consommation ou du comportement compulsif, souvent imperceptible au départ ;
- la normalisation progressive de ces usages ;
- la manière dont la dépendance devient un refuge face au stress, aux émotions difficiles ou aux fragilités personnelles ;
- les premières pertes de contrôle, minimisées ou ignorées ;
- la spirale dans laquelle l’individu s’enferme, parfois malgré une volonté sincère d’arrêter.
Le lecteur comprend comment l’addiction répond souvent à un besoin — apaiser, oublier, tenir — avant de devenir une contrainte.
Le poids du secret, du déni et de la culpabilité
L’un des points centraux du livre est la difficulté à accepter la situation. L’autrice montre comment :
- le déni retarde la prise de conscience,
- la honte isole,
- la peur du jugement empêche de parler,
- l’autojustification maintient les comportements à risque.
Ces mécanismes sont essentiels à connaître pour mieux intervenir en prévention.
Le fameux “jour zéro” : un moment pivot
Le titre du livre renvoie à ce moment de rupture : celui où l’on tente de reprendre la main sur une dépendance. Ce “jour zéro” n’est pas un nouveau départ spectaculaire, mais un instant fragile, marqué à la fois par l’envie de changer et la peur de l’échec.
Là encore, le livre montre que l’arrêt — ou même la simple remise en question — est un processus non linéaire, fait d’essais, d’ajustements, parfois de rechutes.
Ce que Jour Zéro enseigne sur les addictions : comprendre pour mieux prévenir
Le livre offre un éclairage précieux sur les multiples dimensions des conduites addictives.
Les addictions ne sont pas seulement une affaire de substances
L’autrice démontre que les dépendances comportementales (écrans, jeux, achats, travail…) peuvent activer les mêmes circuits émotionnels et cérébraux que les drogues.
Cela permet de repenser la prévention, notamment auprès des adolescents, souvent concernés par les usages numériques.
L’environnement joue un rôle déterminant
L’addiction ne naît jamais dans le vide. Jour Zéro illustre comment la pression professionnelle, les tensions familiales, la solitude, les traumas ou le stress chronique peuvent fragiliser et favoriser les comportements à risque.
Comprendre les vulnérabilités développe l’empathie et la lucidité
Le récit rappelle qu’il n’existe pas de “profil type” de personne dépendante. Les vulnérabilités sont diverses : émotionnelles, relationnelles, sociales, psychologiques.
Cette compréhension évite les jugements simplistes et contribue à une prévention plus efficace.
La prévention gagne à être humaine, réaliste et déculpabilisante
Plutôt que de se focaliser sur l’interdit ou la peur, Jour Zéro montre que :
- expliquer les mécanismes,
- ouvrir des espaces de parole,
- reconnaître les difficultés,
- valoriser les ressources individuelles,
sont des leviers puissants pour réduire les risques.
Comment ces enseignements nourrissent la prévention des conduites addictives ?
Sans traiter explicitement de prévention, le livre fournit des pistes très utiles pour tous les acteurs concernés : enseignants, professionnels de santé, travailleurs sociaux, éducateurs, entreprises, parents…
Les éléments que l’on peut en tirer pour des actions de prévention :
Favoriser la compréhension plutôt que la moralisation
Les récits tels que Jour Zéro sont des supports pertinents pour ouvrir des discussions, car ils offrent un regard incarné et non stigmatisant.
Repérer les signaux d’alerte
Le livre permet d’identifier des indices souvent discrets : changement d’humeur, isolement, rituels de consommation, difficultés relationnelles, irritabilité, mensonges liés aux usages.
Encourager la parole et l’expression émotionnelle
En montrant comment le silence enferme, Jour Zéro souligne l’importance d’espaces où chacun peut s’exprimer sans crainte d’être jugé.
Promouvoir les compétences psychosociales
Compréhension de soi, gestion du stress, affirmation de soi, capacité à demander de l’aide : autant de compétences renforçant la résilience face aux risques addictifs.
Rappeler que la dépendance n’est pas une fatalité
Le “jour zéro” symbolise l’idée qu’un changement est toujours possible, même si le chemin est long.
Conclusion : un récit qui éclaire la prévention des addictions
Jour Zéro n’est pas un manuel, mais un miroir. En donnant voix à une expérience intime de l’addiction, le livre nous aide à mieux comprendre ce que vivent celles et ceux qui y sont confrontés — directement ou indirectement.
Pour les milieux scolaires, les structures jeunesse, les institutions ou les entreprises, cette compréhension est un atout majeur pour concevoir des actions de sensibilisation efficaces, adaptées et respectueuses des personnes.
La prévention gagne à s’appuyer sur des récits, des analyses nuancées et une approche humaine des comportements à risque. Jour Zéro en est une illustration particulièrement pertinente.